La visite à Pékin du Secrétaire d’Etat britannique s’est conclue jeudi 11 par des trompettes de victoire de part et d’autre -quoiqu’elle n’ait débouché sur aucun accord concret, notamment sur la question de Hong Kong et de son autonomie politique future.
Et pourtant, diplomates et média ont raison de voir dans cette rencontre un progrès : on n’avait plus vu Anglais et Chinois autour d’un tapis vert depuis trente mois, et à jour J -533 de la dévolution , toute nouvelle d’une reprise de contact, est bonne à prendre! Evidemment, Pékin n’a pas fait venir m. Rifkind pour lui céder quoique ce soit -elle garde ses projets d’abolir le "‘legco", embryon de Parlement trop trublion à son goût, de censurer la "bill of rights", charte locale des droits de l’homme, et de nommer un gouverneur, fin de cette année, tout sauf représentatif.
Mais -et c’est là l’élément nouveau-, elle n’oppose plus désormais de refus canonique à la construction du "CT9", terminal pour conteneurs à Hong Kong, sous la bannière de la très britannique et coloniale compagnie Jardines, sa bête noire.
Elle pourrait créer bientôt un statut pour les Non-Chinois résidents à Hong Kong (ils commençaient à craindre de devenir, après ’97, les parias de la Zone Administrative Spéciale. L’Angleterre fait elle aussi un geste de bonne volonté: elle, et (erga omnes) l’Union Européenne, devraient maintenir aux Hongkongais, après ’97 (citoyens chinois!), l’entrée sans visa!
Retour case de départ donc -à un an et demi du retour de la Colonie à la "Mère Patrie" : il n’était que temps, mais pour la première fois depuis longtemps, voici un petit fait permettant d’espérer, pour ’97, autre chose qu’une collision frontale, aux conséquences dommageables pour tout le monde!
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