Le Président Jiang Zemin achève sa tournée -une de plus!-, dans 6 pays d’Europe et du Caucase. Excellente réception en Roumanie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan : une vingtaine de traités signés. Accueil mitigé en Norvège et en Espagne, où des mesures spéciales « anti-manifestations » ont dues être prises : à Madrid, le Président chinois est apparu une seule fois, quelques minutes en public!
Il peut être instructif d’observer cette différence d’accueil. Passons sur le malaise, bien connu, de l’opinion occidentale vis à vis de cette Chine ambivalente : d’un côté, ce dernier grand marché dans le monde, qui s’ouvre (se donne), petit à petit.
De l’autre, cette loi chinoise sans pardon pour les criminels, ni tolérance vis à vis des citoyens qui revendiquent un lopin du champ de la pensée publique. Entre les deux, l’incompréhension fondamentale de systèmes d’écritures et de valeurs qui commencent juste à rechercher leur interface, après 2000 ans de développement presque hermétiquement séparé…
Plus important est le succès considérable, encore mal perçu en Europe, de la diplomatie chinoise auprès de ses voisins caucasiens. Ceux ci se défient de la Chine, mais se sentent protégés par leurs hautes chaînes de montagnes et par l’armée de Boris Eltsine (qui garde le contrôle des frontières de l’ex-URSS) pour « dédoubler » (ou diluer) leur dépendance.
Ajoutons à ce tableau la présence, fin du mois, de la Chine à la réunion des pays de l’ASEAN, à Djakarta: des pays comme le Viet Nam, les Philippines ou la Malaisie qui ne cachent pas par ailleurs leur profonde méfiance vis-à-vis de Pékin (notamment dans sa revendication de la totalité de la mer de Chine, archipels et fonds inclus). Ils acceptent (ils n’ont pas le choix!) la Chine au sein de leur petit club de l’ASEAN, avec le statut de « partenaire de dialogue » : triomphe sans ombre de la Chine dans le contrôle de ses petits voisins, résultat (qui rapportera gros) du patient travail de tissage de ses « commis-voyageurs de la République (Populaire).
Sommaire N° 29