Temps fort : LE ‘PETIT DRAGON’ – PORTRAIT

Une masse d’articles dans la presse chinoise pour la « journée mondiale de l’enfance », le 1er juin, permet d’esquisser un rare portrait de l’enfant unique des villes de Chine.

Les parents pékinois dépensent chaque année, pour leurs gosses de 4 à 12 ans, 2,6 mm Y, soit 20% de leur salaire et 1/3 du budget familial.

Cet enfant mange trop (cas d’obésité  x10, en 10 ans). Il est, plus que ses aînés, vulnérable à la mode, à cette fascination de la liberté nouvelle de consommateur : à cause des médias, les garçons estiment indispensable de conquérir les filles des classes inférieures, tandis que les fillettes cultivent au détriment de leur esprit ou de leur libre arbitre, beauté et modestie, afin de bien se marier

Au plan politique, le « marché de l’enfance » occupe un espace prédominant dans le travail de propagande : l’opération « main dans la main », avec son objectif abstrait d’entraide mutuelle entre jeunes citadins et campagnards, a pris un bain de publicité… La jeunesse marche assez bien avec cette opération soigneusement encadrée et financée car elle répond à ses aspirations innées d’altruisme.

Au même moment, la bibliothèque municipale de Pékin, rénovée rouvrait ses portes à un millier d’écoliers, avec ses trésors d’illustrés, de CD-roms dans la salle  multimédia etc…

La question de fond, que le pouvoir se pose certainement, étant celle ci : quelle adéquation future, pour ce citoyen individualiste et gâté, au cadre autoritaire socialiste hérité de l’histoire, conçu 3000 ans avant pour une société agraire et fruste? Vue la brutale mutation des moeurs, on est en droit de se demander si cet ordre ne vit pas aujourd’hui ses dernières années.

 

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