Baotong, l’ex-bras droit de Zhao Ziyang, a bénéficié, lundi 27 mai, d’une « libération partielle », à l’issue de ses 7 années de prison. Il avait été condamné lors d’un procès politique à huis clos, en tant qu’une des «mains noires » instigatrices du Printemps de Pékin. Pour l’heure, il est assigné à résidence à l’ouest de la capitale, avec sa famille qui l’a rejoint, et ne sera libre de ses mouvements qu’après le 4 juin.
On ne voit pas très bien ce que cet homme de 63 ans, haut fonctionnaire assujetti toute sa vie au devoir de réserve et venant de subir une lourde peine, pourrait risquer d’inconsidéré d’ici là, au risque de retourner à « la paille humide du cachot ». Mais ce lundi 3 est une échéance dangereuse, 7ième anniversaire d’un événement sanglant, sombre, ayant marqué une déchirure profonde dans la conscience du pays : les services de sécurité ne veulent prendre aucun risque.
Dans la ville, les préparatifs de cet anniversaire non désiré ne se voient pas trop : davantage de concentration de forces de l’ordre aux carrefours, de vérifications d’identité, d’interpellation (et de condamnations « musclées »).
La population ne semble pas surprise – elle est blasée. C’est que la pression « sécuritaire », avec ses campagnes successives, s’est maintenue depuis le début de l’année lunaire (depuis le « chunjie », fête du printemps). Mais en face, la pression populaire, elle non plus, ne faiblit pas : cette semaine dans le Zhejiang, deux hommes ont été arrêtés après avoir signé (avec cinq autres) une pétition à l’A.N.P. réclamant l’élargissement de prisonniers politiques, dont Wei Jingsheng, le plus emblématique des dissidents. La réponse rapide et directe des autorités sont révélatrices du climat présent – peu propice aux compromis!
Sommaire N° 23