Quand deux pays comme Russie et Chine annoncent le renforcement de leurs liens, cela doit attirer l’attention, tant des politiciens que des milieux d’affaires.
En effet, la communauté d’intérêt et de situation de ces deux Etats-Continents les pousse à une alliance, bien au delà de ce que n’attendrait l’Occident.
L’un et l’autre ont besoin d’une armée forte et disponible, d’où l’urgence de régler tout différend frontalier.
L’un et l’autre ressentent la dépendance technologique envers l’Europe et l’Amérique, surtout dans les domaines « stratégiques » où l’Ouest refuse tout transfert significatif de technologie. Et l’un et l’autre sont en manque de « cash » pour soutenir leur course au développement, d’où l’intérêt de coopérer sur d’énormes chantiers de part et d’autre de la frontière -à des tarifs moindres que ceux de l’Ouest.
Le commerce bilatéral a atteint l’an dernier 5,5 milliards de $, sans compter le prêt russe de 2 mm $ pour l’installation de deux réacteurs nucléaires dans le nord de la Chine, ni le futur pont sur le fleuve Amour entre Heihe et Blagoveshensk, ni le futur gazoduc transsibérien de la Mer Noire à la Mer de Bohai, « plus gros (projet) que le barrage des Trois Gorges »…
L’ambassadeur Igor Rogachev assure qu’il n’existe aucune barrière politique à la croissance des liens sino-russes, qui donc pourraient croître, si M. Rogachev ne se trompait pas, de manière exponentielle… Tel est le décor de la visite de Boris Eltsine à Pékin cette semaine, du 24 au 26, qui se conclura à Shanghai par un « feu d’artifices » d’accords bilatéraux (ou multilatéraux, avec les ex-républiques d’URSS d’Asie Centrale, Kazakhstan, Kirghizistan et Tadjikistan) : décorum obligatoire, pour Boris Eltsine comme pour Jiang Zemin, deux hommes qui sont, cette année, en « campagne électorale »!
Sommaire N° 17