Tous les signes le confirment : la Chine ne peut plus se permettre davantage son resserrement des crédits, pratiqué sans failles depuis 18 mois.
Même si l’inflation demeure (indice de mars) à 7,7%. La dette extérieure reste saine (106mm$, soit +14,8%), la croissance a été ramenée (moyenne 1er trimestre) à 10,2%, ce qui donne l’espoir de réussir l’objectif de 8%. Au contraire, le frein volontaire à la croissance fait peser ses effets négatifs sur l’emploi -une ville comme Pékin, par exemple, avec 307 firmes en faillite, a 53000 chômeurs non indemnisés et tente de reprendre les « sales » emplois aux travailleurs migrants…
Dans le secteur automobile, l’absence de crédits décourage l’achat : pour 1996, le pays produira 550 000 voitures (objectif de production), pour une demande estimée à 400 000… L’austérité commence même à peser sur les performances à l’exportation -moins 8,7% sur le premier trimestre, et un déficit commercial dépassant le mm$…
Voilà une des raisons pour lesquelles la Banque de Chine annonce pour après juin une légère baisse des taux d’intérêts, pour la première fois depuis 4 ans. Cette baisse du coût de l’argent (de1 à 2 %, selon les experts) s’accompagne d’un effort pour « resserrer les boulons» du côté des salaires, afin d’éviter que cette manne disponible ne disparaisse dans les portefeuilles des catégories privilégiées -patrons, et employés des banques et compagnies d’affaires.
En résumé donc, un plan raisonnable, calqué sur les pratiques occidentales -mais dans ce pays où l’élite politique et financière est à peu près hors contrôle, il y a loin entre le plan, même le meilleur, et son application!
Sommaire N° 17