Au Tibet (Région Autonome), le calme règne, sous la poigne du nouveau gouverneur Lobsang Gyaltsen. Cette paix précaire permet à Liu Xiaoming, ambassadeur de RPC au Royaume-Uni, d’affirmer que « la page est tournée… le Tibet ne se ferme pas au monde » : affirmation audacieuse, que dément immédiatement un refus de visa pour le Pays des neiges à Guy St Jacques, son collègue canadien à Pékin.
La situation est plus dure au Tibet extérieur : au Sichuan (14-17/02), 3 tibétains se sont immolés, portant à 105 le nom-bre des suicides depuis 2009. Le 27/02, la police arrêtait 5 locaux, surtout moines, accusés d’avoir incité ces gestes.
Le régime tente tout pour reprendre le contrôle. Dernier moyen : fermer les yeux sur l’arrivée en masse (200 à 300 dans la seule Xining, Gansu) de missionnaires protestants américains, dans l’espoir de conversions en masse, qui fassent contrepoids au bouddhisme lamaïste. Ces jeunes prosélytes arrivent isolés, ouvrant restaurants et chambres d’hôtes. Ils offrent cours d’anglais et de formation, séances de cinéma, tout en distribuant bibles et tracts en tibétain. Ils ont leurs chaînes de radio comme « Good news for Tibet », leurs associations comme « Joshua Project ».
Jusqu’à ce jour, selon les sources, ils n’ont pas grand succès : leur critique du lamaïsme est mal vécue. Mais leur arrivée au Tibet altère la perception locale de l’étranger : non plus protecteur de leur foi, mais faisant partie commune avec le régime, pour tenter de la remplacer !
Sommaire N° 8