En matière de TGV, la Chine multiplie les «scoops» volontaristes.
Une de ses rames CSR bat (03/12) le record du monde de vitesse «commerciale», à 486km/h. Pékin héberge (7/12) le 7. Congrès mondial du TGV, et y annonce le chantier (pour 2011) d’une ligne Kunming-Vientiane (Laos) – quoique le Laos ne soit pas solvable, sauf en ressources du sol. Un projet thaï aussi se dessine.
En bourse, les constructeurs CSR et CNR caracolent, propulsés par 600MM$ de fonds d’Etat promis pour faire passer d’ici 2020 le parc chinois de 7500km (n°1 mondial) à 16.000km (autant que toute la Terre). Une fois capable de produire les rames, la Chine raffine dans d’autres produits : wagons-lits (utiles pour des distances en milliers de km), wagons-restaurants, wagons spéciaux pour handicapés…
Jusqu’alors, les groupes étrangers, les « maîtres en TGV désormais rattrapés », espéraient conserver la haute main sinon le monopole sur le marché hors-Chine.
Aujourd’hui cependant, ils changent de stratégie. Au Congrès de Pékin, Alstom signe un accord de coopération stratégique à long terme avec le ministère des chemins de fer, portant sur le matériel roulant et la signalisation. General Electric crée avec CSR une JV à 50M$, aux USA, dotée de 250 emplois qui deviendront 3500, pour équiper en trains de technologie chinoise les futures lignes Floride et Californie -les deux projets phares du mandat d’Obama – qu’Alstom suit de longue date (tout comme les autres, Siemens, Mitsubishi) : un marché qu’il faudra partager, désormais…
Sommaire N° 40