Editorial : Sommet Europe-Chine – des retrouvailles au milieu du gué!

Le 30/10 à Pékin, R. Prodi et S. Berlusconi, les Présidents de la Commission et du Conseil de l’Union Européenne tenaient avec le pouvoir chinois le 6. Sommet euro-chinois depuis 1998. Juste avant, Pékin avait publié le 1er Livre Blanc de son histoire, concernant des relations avec l’étranger : consacré à l’Europe. Manifestement entre ces continents, le courant passe ces temps-ci, comme plus depuis longtemps! Aussi les deux continents voulurent profiter du vent, et aller de l’avant.

Les questions qui divisent furent mises en sourdine. On parla (à voix basse) des Droits de l’Homme, et de la faiblesse du ¥, cause partielle des 47 MM€ de déficit des 15 en 2002. Mais, déclara le Commissaire P. Lamy, « l’UE préférait régler tels conflits par téléphone plutôt qu’au porte-voix», allusion oblique aux US, qui trahissait le souci de voir ces derniers et l’Asie négocier des ZEL bilatérales, après l’échec de l’OMC à Cancun en septembre : l’UE voulait rattraper son retard. Ainsi, UE et Chine conclurent à l’unisson pour réclamer un «rééquilibrage doux, à long terme des déficits commerciaux et déséquilibres des flux de capitaux!»

La Chine présenta trois demandes aux européens, pas encore acceptables, mais qui pourraient être accordées à moyen terme :

1. la levée de l’embargo sur les ventes d’armes, vieux de 14 ans, déjà réduit aux seules « armes mortelles »,

2. des « compensations » (en droits de douanes) à l’élargissement de l’Union à 10 membres nouveaux, où la Chine perdra des marchés, du fait du jeu de la « préférence communautaire »,

3. et la reconnaissance comme « pays à économie de marché », synonyme de droits supplémentaires (la décision tombera sous 12 mois). 

Deux accords furent signés durant le Sommet. En tourisme, le «système des destinations autorisées» ouvre  aux Chinois les portes de l’espace douanier Shengen. En 2002, ils étaient 645.000 Chinois en Europe face à 1,3M d’Européens en Chine. Ils pourraient sextupler d’ici 2008 sous le nouvel accord. Tout pays de l’UE accordera des visas de groupes aux agences agréées, responsables du bon retour des touristes. Reste ouverte, la question des immigrants illégaux, mais un accord serait proche.

D’autre part, Pékin investit 200M d’€ dans le réseau Galileo de positionnement par satellite : 5% du coût de ce projet de  30 satellites, mais qui initie une coopé technologique de pointe, et permettra à la Chine, avec l’UE, de s’affranchir de la dépendance vis-à-vis du système (US) GPS !

Reste posée la question de la cause de cet engouement mutuel, à ce moment précis. D’abord, ces deux blocs gagnent en importance, l’UE par l’€ et ses 25 membres d’ici quelques mois, et la Chine par ses 800MM$ d’échanges et 8,5% de croissance annoncés pour 2003. Ils deviennent mutuellement incontournables. La Chine par exemple, veut faire de l’Europe son 1er partenaire avec 150MM$ dès 2007. D’autre part, les 2 blocs se préoccupent de la toute puissance galopante des US. La solution trouvée est lumineuse : travailler davantage ensemble!

 

 

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